Entreprendre dans les quartiers : quand les projets riment avec succès

Les entreprises dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV) sont aussi pérennes qu’ailleurs en France. C’est ce que révèle l’étude réalisée par Bpifrance Le Lab en partenariat avec Terra Nova et J.P Morgan. Quatre ans après une première publication, celle-ci approfondit l’analyse en s’intéressant plus spécifiquement à la création d’entreprise au sein des quartiers prioritaires. Voici les 6 enseignements à retenir.

entrerprendre1. Un potentiel de création encore inexploité dans les quartiers
L’étude révèle que les entreprises créées dans les QPV ont autant, voire plus de chances d’être pérennes après trois ans. Le taux de pérennité des entreprises à 3 ans en QPV est de 77 %, contre 74 % hors QPV. Cependant, le taux de création y est plus faible et les habitants moins sensibilisés à l’entrepreneuriat qu’ailleurs. « Ne pas avoir été éduqué à la création d’entreprise, ni par l’école, ni par la famille, créé pas mal d’insécurité, des frayeurs, des craintes », indique un entrepreneur interrogé.

2. Des entrepreneurs ambitieux et optimistes, mais souvent en manque de repères
Les entrepreneurs qui se lancent dans les quartiers prioritaires ne manquent pas d’ambition et d’optimisme lors de la création de leur entreprise. Pas plus ni moins accompagnés par des structures d’aides qu’ailleurs, ils éprouvent cependant un plus grand sentiment de vulnérabilité. Sept entrepreneurs sur dix passent sous les radars de ces structures. Les personnes rencontrées pointent la difficulté à se repérer ou encore le manque de spécialisation métiers des conseillers.

3. Des obstacles spécifiques aux quartiers
Dans les quartiers prioritaires, les projets entrepreneuriaux sont de plus petites tailles. 41 % des structures juridiques sont des micro-entreprises contre 30 % hors QPV. L’étude indique qu’il existe un épais plafond de verre, qui ralentit le développement des entreprises. Elle précise les trois obstacles à la croissance :
– l’accès aux services bancaires, dont le crédit ;
– l’accès à un marché et des réseaux professionnels allant au-delà de « l’ultralocalité » ;
– l’accès aux premières compétences entrepreneuriales permettant une meilleure gestion quotidienne de l’entreprise.
« S’il y a une synthèse à faire, c’est le besoin de formation », estime Mejda Naddari, fondatrice de la société Diam’s, une plateforme numérique d’aide à la gestion.

4. Détermination, connaissance du marché local et solidarité : les trois ressources clés
L’analyse qualitative faite par l’étude auprès d’entrepreneurs démontre l’importance de ces ressources qui constituent pour eux un capital social fort, et aussi un puissant avantage quant à la pérennisation de leur activité. Paradoxalement, la connaissance du marché local et la solidarité peuvent aussi devenir un frein à la mobilité de l’entrepreneur au-delà des frontières des quartiers. « C’est vrai que le quartier nous a un peu construit. On est sensible à son aspect solidaire, et du coup, on développe son entreprise en se disant “je renvoie l’ascenseur aux copains du quartier” », développe un entrepreneur.

5. Internet brise les frontières
La généralisation de l’accès à Internet et le développement des réseaux sociaux désenclavent et font tomber une partie des barrières à l’entrepreneuriat. Les entrepreneurs des quartiers se sont saisis des nouvelles technologies pour améliorer leur accès à la connaissance et l’information. Elles facilitent la communication à l’international et encourage les activités d’import-export. Les réseaux sociaux contribuent à la diffusion de nouveaux modèles entrepreneuriaux, notamment auprès des jeunes. Les business en ligne permettent de dépasser les barrières de l’origine sociale. Autre fait marquant, l’apparition des plateformes de mise en relation d’opérateurs en statut de micro-entrepreneurs avec une clientèle de masse permet à certains de faire leurs premiers pas dans le monde de l’entrepreneuriat.

6. Les entrepreneures sont plus prudentes mais tout aussi pérennes
Les entreprises des femmes des quartiers prioritaires enregistrent un taux de pérennité de 77 % à trois ans, tandis qu’il est de 72 % hors QPV. Elles sont plus diplômées et se forment nettement plus que les hommes en QPV dans les 3 années suivant la création de leur entreprise. Bien qu’elles apparaissent comme plus prudentes au démarrage avec des projets de moindre envergure (moins de 2 000 euros) elles sont plus nombreuses que les hommes à montrer une volonté d’accroître leurs activités.

Retrouvez et téléchargez l’intégralité de l’étude “Entreprendre dans les quartiers : libérer tous les potentiels” sur le site de Bpifrance Le Lab.

 

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